Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /Fév /2008 13:23

 

 
Ils disent les souffrances accumulées depuis ces temps ci
Ils disent les mots douloureux de cette époque là
les petits souvenirs qui reviennent à cet instant là
des images de vacances oubliées où ils ont ri
une parole un discours brûlant qu' ils ont tu
cet enfant que les adultes ont laissé tout nu
ces ruines fumantes, tout ce qu'ils ont vu
 
 
FP
 
Par CREA-TURES, atelier d'écriture - Publié dans : TEXTES PARTICIPANTS 2007-2008
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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /Fév /2008 13:20
 
 
 
MARDI 16 OCTOBRE 2007                      
 DES MOTS ET DES CHIFFRES
 
 
 
Mes souvenirs les voilà alignés devant moi, ha !
Nil, fleuve sacré ondoyant sous les regards de Rê.
Les belles felouques blanches, légères, accostant ça et là.
Toi, déesse Maât la sagesse incarnée tu fais fi
Des hommes dont le Djet bataille avec le Ba,
Moi, mortelle contemplant éblouie le mastaba de Ti
Ils furent mémorables ces instants où rayonne mon Ka.
 
 ------------------------------------------
Djet : le corps    
Ba : principe spirituel relié au corps     
Ka : principe d’énergie vitale
 
 
NR
 
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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /Fév /2008 13:15
 
02-2007-08
 
« Magnus » de Sylvie Germain
 
Revoir l’importance des mots et de la mémoire dans le roman de Sylvie Germain. Nos consignes pour le mois d’octobre y seront consacrées.
 
3 - Pour mardi 16 octobre 2007 : Des mots et des chiffres
 
En séance nous tirerons au sort certains chiffres qui nous seront utiles pour notre consigne :
 
            1er chiffre :      7          Nombre de phrases
            2ème chiffre :    9          Nombre de mots dans chaque phrase
            3ème chiffre :    3          Nombre de lettres dans le premier mot
            4ème chiffre :    6          Nombre de lettres dans le deuxième mot
            5ème chiffre :    2          Nombre de lettres dans le dernier mot
 
Ecrire un texte sur la mémoire, les souvenirs …
 
4 - Pour mardi 23 octobre 2007 : Improbabilité de la mémoire
 
            Ecrire un texte de 180 mots exactement sur une des improbabilités suivantes :
 
-          Et si nous n’avions plus de mémoire…
-          Et si la mémoire n’existait pas…
-          Et si nous avions une super mémoire qui n’oublie rien…
 
 
5 - Pour mardi 30 octobre : des mots, des mots et des définitions
 
Trouver des mots dont on ne connaît pas la définition ou piocher dans ceux qui suivent. Leur inventer une définition fantaisiste. Puis écrire un texte avec ces mots en montrant l’importance de l’utilisation d’un mot précis : voir la polémique politique à propos du mot « faillite ». Registre humoristique, texte d’une vingtaine de lignes.
 
Réservoir de mots : Caulerpe, brol, la baboune,zigounette addictologie, bêtalactamines, anisakiases, wasabi, ziggourat, affûtiaux, les élands d’Afrique, butyreuses religieuses, des helvelles crépues,les érythrocytes, des métopes fissurées, les zeuzères tachetées, le dernier nycthémère, proscénium, sérapéum tépidarium, vélarium, exéquatur, jéjunum, candéla, chébec, chéchia, méhalla, téocalli, zarzuéla, vergeüre, récépée, jéjunum, bouterole, bassetaille, bélitre, embattre, mangeüre, marguiller, ouillère, rongeüre, rousserole, sconse, tavaïole, téocalli, crèteler
 
Les trésors du Sénéfrançais
 
L’étymologie de certains mots que nous employons parfois en Français est parfois curieuse. Ainsi vous pouvez découvrir dans cette page des mots d’origine typiquement africaine, d’autres créés de toutes pièces ou détournés par les Sénégalais ou encore des mots que l’on croit bien africains et qui ont des origines... bien étrangères !
Mots français d'origine sénégalaise
 Toubab : mot dérivé du Mandingue «tubabu» désignant le Blanc.
 Karité : mot wolof qui désigne «l’arbre à beurre» dont le fruit contient une amande d’où on extrait le beurre de Karité.
 Boubou : mot malinké «bubu». Désigne d’abord un singe, puis sa peau utilisée pour se vêtir. Aujourd’hui c’est une longue tunique.
 Balafon : mot malinké venant de «bala» (type d’instrument de musique) et de «fo» (jouer).
 Tara : mot wolof désignant un meuble (lit ou siège) fait de fibres végétales d’une plante du même nom.
 Yamba : mot du Sénégal (peut-être wolof) désignant la variété locale de chanvre indien (marijuana).
 Poto-Poto : mot du Sénégal désignant un matériau proche du pizé (torchis) utilsé pour construire les cases. La boue de l’hivernage est aussi appelée Poto-Poto.
 Tata : mot malinké désignant une fortification végétale ou de terre entourant un village.
 Tapalé : mot du Sénégal désignant des invités entretenus à domicile.
 Bougnoul : mot wolof voulant dire Noir. Il est plutôt utilisé aujourd’hui péjorativement pour désigner les Arabes.
Mots africains d'origine étrangère
 Cauris : venant du tamoul «kauri» désignant un coquillage.
 Griots : mot peut-être portugais (criado = serviteur) désignant un conteur musicien. Certains disent néanmoins qu'il vient de "guéwel", mot wolof désignant les musiciens castés de cette ethnie.
Mots français, modifiés, détournés
 Enceinter : mettre une fille enceinte sans être marié.
Ex : Mamadou a enceinté la voisine.
 Gérer : draguer, entreprendre une jeune fille.
Ex : Avant de l'avoir enceintée, Mamadou a géré la voisine.
 Faire le sexe : no comment...
Ex : Pour l'avoir enceintée, Mamadou a dû faire le sexe avec la voisine.
 Etre compliquée : Ce terme est le plus souvent utilisé pour parler de la gente féminine. Une femme dite "non compliquée" sera celle de vertue légère.
Ex : Si Mamadou a pu faire le sexe avec la voisine, c'est qu'elle n'est pas compliquée.
 Laisser : C'est un wolofisme. Si on vous dit de "laisser" ce que vous faites, ça veut dire d'arrêter. Cela vient du wolof "Baïl li nga def" qui signifie en gros "Arrête tes conneries" mais qui traduit mot à mot donne "Laisse ce que tu fais".
Ex : Lorsque Mamadou a voulu faire le sexe avec Fatoumata, elle lui a répondu "Laisse ce que tu fais", avant de finalement céder.
 Pombi terre : il s'agit d'un tubercule... que nous appelons chez nous "pomme de terre".
Ex : La viande de la dibiterie est accompagnée de pombi terres.
 Dibiterie : ce mot désigne les petites gargottes (souvent tenues par des Houassas nigérians ou par des Toucouleurs) où l’on sert exclusivement de la viande grillée au feu de bois (ce mot est réputé avoir été inventé par Senghor).
Ex : Mamadou a rencontré sa voisine en mangeant à la dibiterie.
 Cartoucher : redoubler une classe à l’université
Ex : A force de passer son temps à gérer la voisine, Mamadou a cartouché.
 Nocer (être un noceur) : faire la fête, faire la "noce" en permanence.
Ex : Entre gérer sa voisine à la dibiterie et passer ses soirées au night-club, on peut dire que Mamadou fait trop la noce.
NB : le Sénégalais s'inquiète toujours de savoir si son interlocuteur fait bien la fête. Dans les salutations, l'interrogation "Yangui noce ?" revient ainsi fréquemment.
 Beau : un «beau» peut être un beau-frère, un beau-père ou n’importe quel homme de la famille d’un des deux mariés ! A noter : "Belle" n'existe pas.
Ex : Le père de Fatoumata la voisine est désormais le beau de Mamadou (le pauvre !).
 Quatre heure moins : curiosité du parler sénégalais qui dénote d’ailleurs de la rare ponctualité des citoyens du pays ! Lorsque nous disons «il est quatre heures moins quart, ou quatre heures moins cinq, moins vingt, moins vingt-cinq ou moins dix», le sénégalais dira simplement il est «quatre heure moins». C’est moins long à dire mais tellement plus approximatif. Sachez donc que si l’on vous dit «il est huit heures moins» il pourra être tout autant 7h35 que 7h55 !
Ex : Mamadou a rendez-vous avec son beau pour régler des comptes, mais il est six heures moins et il n'est toujours pas là.
 Long et court : au Sénégal, on est ni grand ni petit ! On est long ou court !!! Si on vous parle donc d'un "long" personnage à Dakar ça n'aura rien avoir avec ses difficultés d'élocution ou aux dimensions de ses attributs masculins. Cela voudra simplement dire que la personne est de grande taille. Idem pour court.
Ex : Mamadou est long alors que Fatoumata est courte.
 Linger (ou faire le linge) : faire la lessive.
Ex : Mamadou est content que Fatoumata aime linger.
 Bagots : (ou bagaux) pluriel sénégalais de bagage (un bagage, des bagots...).
Ex : Le père de Fatoumata a dit à Mamadou "Prends tes bagots et quitte la ville".
 Descendre : Avoir terminé sa journée de travail.
Ex : Dès qu'il est descendu de l'usine Mamadou a foutu le camps.
 Gâter : Abîmer, corrompre
Ex : En claquant trop fort la porte de sa maison, Mamadou l'a gâtée.
 Saboter : Se moquer amicalement.
Ex : Senegalaisement.com sabote le Sénégal dans sa page "étymologie"
 Gagner quelqu'un : Remporter un victoire sur, être plus fort que.
Ex : Le Sénégal a gagné la France au mondial 2002. Je te gagne au Monopoly.
 Y'a pas de problème : Il va y en avoir un grave d'ici quelques minutes.
Les venants : Tout ce qui vient de France....
Ex : "Mamadou a acheté une venante Renault..." : Mamadou a acheté une vieille R19 directement à son arrivée sur le port de Dakar...
La sous-région : Il n'y a qu'en Afrique qu'on parle de "sous-région"... La sous-région du Sénégal c'est le Sénégal + ses pays frontaliers...
Ex : Mamadou compte émigrer dans la osus-région
Roman-photo : Magazine porno....
Ex : Mamadou apprécie beaucoup les romans-photos qu'il trouve dans l'arrière boutique de son oncle à Sandaga...
Le n'importe quoi : Le "n'importe quoi" peut être de la foutaise (Mamadou dit du n'importe quoi"), de l'immoral ou du stupide...
Ex : Mamadou fait vraiment du n'importe quoi avec les romans-photos...
Sénégaliser : Rendre apte à supporter le Sénégal. Valable particulièrement pour les voitures, les télés et les frigo.
Ex : "Mamadou a niqué le bas de caisse de sa R19 venante, car il ne l'a pas sénégalisée avant de prendre la route merdique de Tambacounda".
Jaquette : Petit blouson.
Ex : Mamadou ne trouve pas que des romans-photos dans le boutique de son oncle à Sandaga, il y achète parfois aussi ses jaquettes.
Goudron : C'est la route recouverte d'asphalte.
Ex : Mamadou habite au bord du goudron.
Même père, même mère : Lorsqu'un Sénégalais vous parle de sa soeur ou de son frère, il rajoute presque toujours (si c'est le cas) "même père, même mère", ce qui est une information cruciale dans un pays polygame.
Ex : La soeur de Mamadou, même père même mère, s'appelle Khady.
Farcer : Faire des plaisanteries souvent de mauvais goût.
Ex : Mamadou n'arrête pas de farcer en mettant du sel dans le café d'Ousmane.
La dépense : Somme nécessaire chaque jour pour que la femme aille acheter à manger au marché.
Ex : Mamadou a piqué la dépense de sa mère pour acheter des romans-photos. La famille devra donc manger aujourd'hui du niankatan.
Couper : interrompre le jeûn du ramadan.
Ex : Il est bientôt 19h. et Mamadou va donc bientôt pouvoir couper avec un bon thieb.
Arranger : Donner ou recevoir de l'argent pour corrompre ou débloquer une situation délicate (le mot qui en découle est "arrangement". Sans argent, aucun arrangement de possible)
Ex : Pris en flagrant délit de consommation de yamba, Mamadou a dit au flic : "Il faut que tu me arranges toi là".
Cogner : acte naturel à l'origine de l'enceintement (voir plus haut). Equivalent de "faire le sexe" (voir aussi plus haut).
Ex : Lire trop de romans-photos donne à Mamadou l'envie permanente de cogner.
Droiter, Arriérer, Gaucher : verbe. Le Sénégalais a trouvé stupide que la langue française n'ait pas trouver des mot aussi simple que "Avancer" pour indiquer des changement de direction. Plutôt que de perdre du temps et des mot pour dire "tourner à droite ou à gauche", le Sénégalais utilise donc droiter, gaucher et arriérer.
Ex : Lorsqu'il a arriéré pour se garer, Mamadou a défoncé le pare-choc de la venante toute neuve de son père. Il a donc décidé de droiter et de prendre la fuite.
Par CREA-TURES, atelier d'écriture - Publié dans : CONSIGNES 2007-08
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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /Fév /2008 13:09
Quand ils avaient vu ce qu’il était devenu, certains spécialistes du comportement et de l’éducation, avaient demandé à des journalistes d’enquêter sur son enfance et sa prime adolescence. Ils voulaient savoir si les qualités dont il faisait preuve, sa vitalité et son omniprésence étaient innées ou si cela venait de son environnement, de son éducation, de l’influence de sa famille ou de ses proches.
 
Trois journalistes furent mis à contribution de trois journaux différents, un issu d’un journal de recommandations aux futurs et aux jeunes parents, il devait étudier les conditions de vie de ses parents, sa naissance et ses premiers mois, puis un journaliste qui étudierait plutôt l’enfance et l’école primaire, enfin un dernier qui s’attacherait aux années collège.
 
L’enquête ne fut pas longue, tant les témoins de cette époque avaient le souvenir vif et cuisant de cet enfant. Cependant certains trouillaient de donner des critères de convergence et pensaient avoir meilleur temps que rentrer dans ces carabistouilles.
 
Les spécialistes eurent tôt fait de reconstituer son itinéraire et de déposer des conclusions comme ils en avaient l’habitude. Il en ressortit que les parents étaient arrivés dans notre pays en provenance d’une région extrêmement pauvre. Eux-mêmes faisaient partie de la bourgeoisie mais n’avaient pas les moyens de trouver un logement décent. Ils furent pris en charge par l’aide sociale, qui leur trouva un HLM, un travail pour le père dans un supermarché où il installait des brols dans les rayons. Ce n’était pas mêlant, ils rêvaient en couleurs, tout allait bien pour eux, pas besoin de faire couloir ou de grimper dans les rideaux ! Première conclusion : aime vivre dans le luxe et plutôt chez les autres !
 
Une commerçante de leur rue fut retrouvée, elle se souvint d’une anecdote : le petit garçon était dans les bras de sa mère, tellement mignon, je lui ai offert une babelutte, mais il a fait la baboune et en jouant avec ses pieds, il m’a décoché une talonnade sur le nez, je m’en souviens encore ! Deuxième conclusion : ne reconnaît pas le bien qu’on fait pour lui, est sournois et facilement violent !
 
Les maîtresses de maternelle ont encore en mémoire cette hyperactivité infantile, elles ne tenaient pas trois mois avec lui et les services d’addictologie de la ville eurent à soigner six personnes en l’espace de deux ans : troisième conclusion : hyper actif, épuisant ce que l’on savait déjà.
 
Il avait mis en place tout un réseau de relations, avait échangé ses gouters et des petits jouets avec les enfants de personnages haut placés dans son quartier, recueillait des secrets dont il se servait pour obtenir ce qu’il voulait par la suite, si bien qu’une fois arrivé à l’école primaire il fut très vite accueilli comme un petit caïd : conclusion : sait se servir d’un réseau de relations, a des mouchard et est un adepte du chantage.
 
L’enquête au collège fut encore plus rapide, les enseignants ne voulaient pas parler, ils trouillaient, en entendant parler d’un journaliste, ils quittaient leur auditoire, et sans passer par la garde-robe, filaient sur le contournement.
 
Le journaliste apprit quand même par radio-trottoir que le grimpion avait soigné ses relations notamment auprès des doubleurs et disposait d’une large panoplie de copions, ses réseaux étaient encore plus importants. En classe de quatrième, après avoir servi d’intermédiaire à un de ses copains pour draguer une fille, il lui avait par la suite ravi la copine ; il lui avait chanté la pomme, elle était tombée en amour, c’est pas mêlant.
 
Depuis le primaire jusqu’au lycée, il était connu et tout le monde faisait sa cour pour obtenir des avantages conséquents.
 
 
Les spécialistes en avaient conclu que dès son plus jeune âge, il avait les dispositions innées nécessaires pour devenir ce qu’il était devenu, son environnement et son éducation n’avaient fait que renforcer ses qualités, … ou ses défauts !
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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /Fév /2008 13:04
AUTOBIOGRAPHIE FICTIVE
DE LA JEUNESSE DE  MARLOW                                     2.10.2007  
 
 
Un jour – je devais avoir 5 ou 6 ans – j’assistai à la naissance d’un petit veau, chez nos voisins qui étaient nos fermiers. L’homme avait plongé ses mains et presque tout l’avant bras dans le ventre de la vache et tiré, tiré lentement mais semblait-il avec force, deux petits sabots, deux pattes, puis le corps tout entier de la bête, couchée sur le flanc et qui frissonnait, longues séries de vaguelettes courant sous l’ambre de son pelage mouillé. Des questions que j’osai enfin poser à ma mère, plusieurs restèrent sans réponse. Mais une longue phrase psalmodiée d’une voix rauque et rageuse m’anéantit pendant plusieurs jours. En résumé, c’était le même scénario que celui de ma naissance. On m’avait tiré du ventre de ma mère, on l’avait écrasé à quatre mains et, une fois sorti, on m’avait tapé dessus pour me faire crier. Cette violence m’a paru, dès ce jour, la condition primordiale de la vie. Mes pensées tournaient autour car j’étais incapable de les analyser, de mettre de la distance entre ces impressions qui ne cessaient d’alimenter mon imagination, et la compréhension du mystère de la vie. Cependant se développait une curiosité qui allait faire de moi un aventurier, un doux aventurier – car la violence faite à ma mère à l’occasion de ma naissance l’avait amenée à la récuser dans tous les actes de sa vie. J’avais 6 ans en 1863 quand mes parents décidèrent, comme la plupart de l’élite polonaise, de fuir la répression et d’émigrer en Angleterre où mon père pouvait enseigner. A une époque où l’éducation et l’instruction se donnaient, en famille comme à l’école, à coups de brimades, voire de maltraitance, ma mère se garda bien de m’envoyer à l’école.
Nous avions tous les deux une passion pour la nature, nous n’hésitions pas, quotidiennement, à faire de longues promenades, par tous les temps, dans la campagne : un parc de 120 hectares entourait notre maison, et les bois et les champs s’étendaient encore tout autour. Nos observations étaient, au retour,  consignées sur un cahier, dessins à l’appui et recherches dans l’immense bibliothèque paternelle. Au fur et à mesure que je grandissais, ma curiosité s’élargissait aux dimensions du monde. Ma mère avait tapissé les murs de ma chambre d’immenses cartes de géographie, cette écriture de la terre ; et partout où du blanc apparaissait, je rêvais d’aller découvrir fleuves et montagnes, déserts et villages, peuples et mœurs.
 
J’intégrai l’Université à 18 ans. Je m’y sentais bien seul et bien différent de mes camarades. Grâce à Dieu, « punir » et « châtier » ne faisaient plus partie du vocabulaire ; la liberté la plus complète était la règle.
Je m’étais inscrit en Droit international et en Géographie. Dans ces matières, on trouvait déjà des étudiants venus de tous les continents se former à leurs futures activités dans les échanges commerciaux, la politique ou l’armée. L’Angleterre avait une telle réputation de sérieux dans toutes les affaires !
J’y rencontrai des Africains et des Japonais, des Norvégiens, des Polonais, des Russes, des Canadiens, quelques Chinois, beaucoup d’Indiens. C’est parmi eux que je me fis le plus d’amis. Je les invitais pour les vacances à la maison où mon père, historien, et ma mère, toujours dévouée à son fils unique, les accueillaient avec simplicité et chaleur. Nous avions alors des conversations passionnantes qui faisaient grandir en moi l’envie de partir à la découverte. Mon père me poussait, ma mère me retenait, mais elle comprenait dans sa bonté et sa sagesse que j’étais mûr pour l’aventure. Elle se présenta sous la forme de l’invitation de mon meilleur ami – Mishima Yozuko – fils du ministre des affaires extérieures du Japon qui, depuis quelques années déjà, s’ouvrait à l’occident. Lui se destinait à la direction d’un chantier naval hérité de son oncle maternel. Nous partîmes d’ailleurs sur un paquebot qui nous mena de Londres à Osaka en moins de huit semaines. Il me faudrait des heures pour raconter ce voyage, le seul absolument merveilleux de toute ma vie à ce jour. Plus de la moitié du tour du monde : l’Ouest de l’Europe, les côtes africaines, l’Inde, l’Indonésie, le Chine, le Japon ! C’est là, sur les océans et dans les ports que m’a saisi le goût de la mer.
Je fus accueilli avec politesse mais réserve, et très vite, Mishima me fit comprendre qu’il allait se mettre au travail et ne pourrait s’occuper de moi. J’avais d’ailleurs envie de retourner sur l’eau et m’empressai d’accepter de seconder le capitaine d’un bateau de pêche à la baleine qui allait sortir du chantier naval. Bonheur et connaissance. Connaissance et bonheur…J’allais découvrir. Tout m’était inconnu. Je devenais transparent pour m’imprégner de l’ordre du monde, de la réalité du monde, me débarrasser de mon idéalisme, de ma sentimentalité, de mes superstitions. J’allais conquérir une autre face de moi-même, confronter théorie et pratique, sentir le temps et l’espace avec mes yeux et mes muscles. Combien de temps ? Je voulais l’ignorer, seulement m’immerger dans l’aventure. Le temps, le temps de ma vie lui serait consacré.
Des années passèrent, de la pêche au cabotage, de cargos en chalutiers, de trois mats en paquebots de ligne, jusqu’à ce jour où je quittai Londres pour le cœur des ténèbres. Mais ceci est une autre histoire.
 
MTE
 
 
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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /Fév /2008 13:03
3 – Pour le 2 octobre 2007
 
Ecrivez l’autobiographie fictive et romancée de Marlow, sa toute petite enfance, en y intégrant un fait, une scène qui pourrait nous faire comprendre son attitude actuelle.
 
Pour ceux qui n’auraient pas lu le livre, racontez la petite enfance romancée d’un personnage connu, avec les mêmes consignes.
 
Piochez dans les nouveaux mots inscrits au Petit Robert 2008.
 
N’hésitez à inventer, à être extravagant. 


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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /Nov /2007 21:13

BARQUE-P1300528.jpg

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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /Nov /2007 21:08
La terre pour nous est un endroit où vivre, où nous devons nous accommoder de visions, de sons, et d’odeurs aussi. Déjà dans l’utérus, le petit d’homme reconnaît sa mère au son de sa voix, à ses intonations. A peine né, c’est par son odeur avant même de la voir. Plus tard, la vue et le toucher viendront lui apprendre comment se repérer et reconnaître ce qui l’entoure.
 
C’est une chose cocasse que la vie – cette mystérieuse disposition d’une logique implacable dans un dessein futile. Futile, oui, une vie humaine est chose futile dans la grande marche de l’humanité, qu’est donc cette cellule primaire née de la rencontre de deux éléments tellement microscopiques, qui, après quelques mois de murissement, aboutit à l’arrivée d’un petit être aussi braillard et plein de prédispositions pour, comme ses aînés et ceux qui le suivront, devenir supérieurement intelligent, prédateur de tout ce qui est vivant et dévastateur de son environnement.
 
Je suis retourné dans ces territoires que j’avais découverts vierges de toutes traces humaines, ces territoires immenses seulement peuplés de quelques troupeaux d’herbivores régulés par une horde de carnassiers affamés et sanguinaires. J’y ai retrouvé une nature saccagée, traversée par des routes infinies, des peuplades cherchant à survivre des maigres ressources d’une agriculture éthique et d’élevage dépérissant, des chefs de guerre rançonnant quelques tribus égarées. J’ai vu ce que l’homme, ce chérubin vagissant, pouvait infliger à ces territoires fragiles et parfois je me demande si je l’ai vraiment vu de mes yeux – s’il était possible de trouver semblable phénomène sur son chemin !...
 
 
FP
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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /Nov /2007 21:06
C2- 25 sept. 207.
 
La terre.
La terre pour nous est un endroit où vivre, où nous devons nous accommoder de visions, de sons, et d’odeurs aussi.
Chacune de nous avait ses états d’âme, la vie ne nous avait pas épargnée, nous en discutions gentiment autour de la table. Mme Lambert avait apporté une tarte aux poires, Mme Dumont des biscuits faits maison et moi-même une bouteille de vin blanc. Ce vendredi-ci, nous étions chez Mme Martin, nous nous invitions mutuellement et discutions de tout et de rien. Ce qui nous inquiétait aujourd’hui, c’était l’avenir de la planète, non pour nous qui approchions vaillamment des 80 ans, mais pour nos enfants et petits-enfants, voire arrières petits-enfants.
Les visions, les bonnes : les forêts, les océans, les dunes, le coucher de soleil, la rosée du matin, un torrent descendant la montagne, un bébé qui vient de naître, les oiseaux qui se lavent dans une flaque d’eau, un faon qui trottine a côté de sa mère.
Les mauvaises : les usines qui fument, les avions dans le ciel, les femmes battues, les pédophiles, les guerres, les génocides, les attentats, le massacre des éléphants, l’abattage des forêts.
Les sons : le cri d’un aigle tournoyant dans le bleu du ciel, le pépiement des oiseaux au petit matin, la cascade qui gronde et se rue en pluie dans le lac plus bas, l’enfant qui appelle sa mère, le rugissement du lion dans la savane, l’aïeule qui raconte une histoire,
Ou : les klaxons des voitures, les camions filant sur l’autoroute, la sirène des pompiers, les paquebots, les trains secouant les gares.
Les odeurs : le petit déjeuner du matin, le lapin chasseur de ma grand-mère, le muguet du 1er mai, une rose fraîchement coupée, les crêpes au sucre ou à la confiture, l’océan et son écume qui me fouettent les narines, le foin dans la grange.
Ou : le poisson pas très frais, toujours ces usines, les gaz du pot d’échappement des véhicules, …
Vers où la balance se dirige t-elle, le bien, le mal ?
Nous avions toutes nos états d’âme, la vie ne nous avait pas épargnée, nous en discutions gentiment autour de la table. Mme Lambert nous avait apporté une tarte aux poires que nous dégustions allègrement.
C’est une chose cocasse que la vie - cette mystérieuse disposition d’une logique implacable dans un dessein futile - nous en étions là dans nos propos lorsqu’un monsieur s’est approché de notre table. C’était un homme d’un certain âge, costume et nœud papillon, les cheveux gominés de gel comme au temps de notre jeunesse, une fine moustache. Il nous a saluées, il sautillait, me donnait l’impression qu’à tout moment, il pouvait brutalement s’enfuir, l’oeil un peu furtif, il me mit mal à l’aise. Mme Dumont lui offrit de partager notre goûter, ce qui ne me plut pas trop. Il sourit, nous remercia et s’installa, il nous raconta une histoire très étrange, nous nous regardions, interloquées. L’ombre est venue assombrir notre petit coin de paradis, je commençais à me sentir pas bien du tout, une atmosphère oppressante se propageait autour de nous, je voyais comme un brouillard s’élever, je regardais mes amies, apparemment elles n’étaient pas mieux.
Deux hommes habillés en blanc se sont approchés juste à cet instant, ils ont parlé gentiment à cet homme, l’ont pris par les épaules et l’ont emmené avec eux.
Un peu plus loin se trouvait une ambulance, juste à côté une grande bâtisse avec un large perron, des fenêtres avec des barreaux.
Parfois je me demande si j’ai vraiment vu de mes yeux - s’il était possible de trouver semblable phénomène sur son chemin!…
 
Pat
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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /Nov /2007 21:04
«  La terre pour nous est un endroit où vivre, où nous devons nous accommoder de visions, de sons et d’odeurs aussi …
 
La terre ! Avant tout c’est la nature et sa palette de couleurs. C e sont des paysages qui bien souvent nous baignent d’admiration, ou qui nous font frémir quand ils sont chaotiques, vertigineux, ou quand ils sont flamboyants dès que cette terre s’agite au coeur de ses volcans crachant ses brûlantes entrailles.
A l’orée des profondes et ténébreuses forêts nous pouvons tressaillir tant les mystères qui les habitent investissent notre imagination. Mais c’est en présence de l’océan ou du désert que nous prenons conscience de notre petitesse. Toutes les manifestations de la nature font appel à nos sensations profondes.
 
Que ce soient les aurores boréales et leurs magiques nuées colorées, les couchers de soleil des tropiques, fugaces mais somptueux, ou les ciels noirs annonciateurs de fantastiques orages, toutes les visions s’accompagnent de sons bien particuliers. Du léger sifflement de la bise au rugissement du mistral, du clapotis des ruisseaux au ronflement des cascades, des pépiements d’oiseaux aux cris perçants des rapaces, des ronronnements des voitures aux vrombissements des avions. Tous ces bruits de la vie nous ont appris à les connaître, à les supporter, à les oublier…
Toutes ces perceptions sont enrichies des odeurs qui les accompagnent. Effluves parfumés des jardins d’agréments ou ceux rustiques des champs en jachères, ceux fortement iodés des rivages marins, ceux alléchants des lieux où tout se mange ; sans compter bien d’autres, sauvages ou suaves que la nature nous réserve. Tout au long de notre vie ce sont d’incessantes juxtapositions d’odeurs.
 
«  Ah ! C’est une chose cocasse que la vie – cette mystérieuse disposition d’une logique implacable dans un dessein futile »
 
Et que dire des êtres qui s’agitent un peu partout. Ceux qui bousculent la nature, celle-ci préparant lentement sa vengeance. Ceux qui au contraire la choient par mille soins et la font resplendir et toujours renaître. Ceux qui l’utilisent, l’éventrent en vue de formidables profits les baignant dans l’opulence. Ceux qui la fouillent pour remonter aux lointaines origines pour nous les faire connaître.
 
C’est ainsi que j’ai rencontré un personnage étrange. Après avoir passé deux décennies en Afrique où il chassait, étudiait la faune, écrivait aussi, il s’était remis à son premier métier, l’archéologie. Toujours vêtu de kaki, un chapeau de brousse coiffant ses cheveux gris qu’il portait en catogan, des lunettes de vue ombrant ses yeux bleus perspicaces, un chèche blanc ou beige autour de son cou trapu, une carrure impressionnante, une stature imposante.
C’était un conteur magique. La nature qui l’avait gâté, lui avait fait don d’une voix extraordinaire. Ample, forte, puissante, riche de nuances, avec pour couronner le tout un rire rabelaisien qui emportait son auditoire dans des joies délirantes pour des moments de pur plaisir. Cependant dans des récits tragiques il pouvait être monstrueusement angoissant. Et son humeur évoluait très vite. J’ai été témoin d’une colère folle dont nul ne sut le motif ; sa fureur était extrême, son verbe implacable, sa gestuelle dramatique, ses hurlements terrifiants. Quelle transformation ! Sortant de ses poumons un souffle de forge alimentait ses vociférations. Quel spectacle !
 
«  Je me demande si je l’ai vraiment vu de mes yeux, s’il était possible de trouver semblable phénomène sur son chemin. »
 
 
NR
 
Par CREA-TURES, atelier d'écriture - Publié dans : TEXTES PARTICIPANTS 2007-2008
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